Il y a des jours…

Il y a des jours où, alors que vous attendez sous la pluieet dans le froid le bus qui vous emmènera au  boulot, vous vous posez des questionsmétaphysiques. Des questions du genre :
– Pourquoi on est descendu des arbres ?
– Est-ce qu’on ne pourra pas remonter le temps pour buter cette saloperie dechaînon manquant ?
– Pourquoi deux conneries de molécules ont décidés un jour de travaillerensemble pour faire un organisme ?
Ce sont ces jours là où quelque soit ce que vous regardez dans la rue, vous nevoyez que des raisons d’anéantir l’Humanité.
Ce sont ces jours où vous vous demander combien une bombe atomique vaut aumarché noir.
Ce sont ces jours où vous voulez bien vous proposer comme kamikaze auprès d’ungroupe terroriste. – Pour peu quecelui-ci partage un minimum vos idées. Faut pas déconner non plus. –
 

Aujourd’hui est un tel jour…

De mes rapports avec la SF&F française

Je lisais dernièrement le dernierP.J. Hérault paru chez Rivière Blanche (La Grande Migration) etj’ai redécouvert ce qu’était la SF&F française et pourquoi j’aimais etj’aime encore.
Quand j’ai commencé à me plongerdans les livres, pour y trouver éventuellement les moyens d’en finir avec cetteHumanité maudite, j’avais déjà à disposition un stock impressionnant de livresde SF&F de tous horizons. – C’estbien l’un des rares points sur lesquels mon paternel et moi-même sommes sur lamême longueur d’onde, c’est qu’on emmerde 95% de la littérature blanche pour sefocaliser principalement sur les littératures de l’Imaginaire. – Dans cetas de livre, il y avait les grands maîtres anglo-saxons, genre Asimov, Vance,Tolkien, Van Vogt, et plein de français, P.J. Hérault, Julia Velanger, RolandWagner, Serge Lehman, Alain Paris, Hugues Douriaux, j’en oublie plein notammentparmi les meilleurs.
Bref, mes débuts dans le milieu,rien qu’en tant que lecteur, sans y connaître quoi que ce soit, à l’époque oùInternet était encore qu’aux mains des universitaires et des militairesaméricains,  se fit en mélangeantallégrement français et anglo-saxons, de tous niveaux. Et, personnellement, je trouveque les français s’en sortaient plutôt bien. Ce  n’était pas le même genre de livres, le mêmeton, les mêmes histoires, les mêmes traitements… Pour moi, dans mon esprit, leslivres de cette époque ont fixé en moi ce qu’était la SF&F française.
C’était le bon temps. Le temps oùle poche pas cher régnait en maître. J’arrive à retrouver des vieux FleuveNoir, avec encore une étiquette dessus avec un prix autour de dix francs. Alorsqu’aujourd’hui, le poche à 6 euros est une denrée extrêmement rare. A quoi çatenait ? A un papier de mauvaise qualité ? A une limitation à 180pages ? A de la pub pour des cigarettes sur la quatrième de couverture ?Et alors ? Le format convenait très bien… Et on avait des chefs d’œuvres commeLa Compagnie des Glaces, de G.J. Arnaud, la série des Commandeur, de MichelHonaker, la série du Monde de la Terre Creuse de Alain Paris, les Cal de Terrede P.J. Hérault, etc etc etc…
Ce n’est pas de l’exceptionnel.Mais c’est de l’honnête. Et ça n’a pas à rougir face à de l’anglo-saxon. Perso,je passais sans problème d’un recueil de nouvelles de Asimov à l’une de cesséries. Le côté feuilleton étant un bon équivalent au côté nouvelles. J’aiprogressé dans la SF&F sans faire de discrimination sur les origines, justesur ce que j’appréciais ou non.

Mais c’était le bon temps… Ce quej’appellerais l’Age d’Or de la SF&F française. – C’est mon avis, de simple lecteur, pas forcément celui des Initiés,ceux qui se sont autoproclamés Grands Connaisseurs du Genre et Seigneurs duFandom… –
Aujourd’hui, le panorama estbeaucoup plus sombre. Les grands éditeurs ont lâché le genre. La prodigieusecollection Anticipation de Fleuve Noir a sombré corps et âme. Tout comme uncertain nombre de collections équivalentes chez d’autres éditeurs. J’Ai Lu,Pocket et consorts ne publient plus que des versions poche d’ouvrages parus engrand format quelques temps auparavant. Et dans l’immense et écrasantemajorité, des auteurs anglo-saxons. Même l’Immonde Ogre Qui Dévore Tout et Détruitle Marché a.k.a. Bragelonne – Cava comme ça ? On ne voit pas trop que j’ai bien ce que vousfaîtes ? – ne fait plus, de mon point de vue, que le minimum syndicalen matière de publication d’auteurs français. – Je comprends pourquoi mais ça ne m’empêche pas de râler sur ce point.– Les rares chanceux qui sont chez des éditeurs avec un peu plus de renomet de moyens sont souvent publiés en grand format, assez cher. Et quelquesfois, je dois avouer que ce format et ce prix ne se justifie pas vu la qualitéde l’ouvrage.
Bref… Aujourd’hui, la publicationd’auteurs français en SF&F se fait principalement par des petits éditeurs,avec des moyens limités, une diffusion limitée… Et fort heureusement, certains,comme Griffe d’Encre, ont eu la bonne idée de ressusciter le format de lanovella, permettant d’avoir des ouvrages courts – trop court parfoismalheureusement – et peu chers.
Ce sont ces petits éditeurs quiaujourd’hui font tout le travail de recherche et de lancement de nouveauxauteurs. Ce sont ces petits éditeurs qui prennent tous les risques. Et les grosderrière ne font que se reposer sur leurs lauriers fanés.
Le genre a grandement souffert etsouffre encore de cet état de fait. L’arrivée des petits éditeurs n’est quetrès récente. Pendant une période, il y a eu un trou. Les lecteurs sont allésailleurs. Ne chercher pas à blâmer tel ou tel média pour leur désertion… C’estle manque d’offres qui les a fait partir…

Et puis, ce qui me choqueprincipalement aujourd’hui, dans le milieu de la SF&F française, c’est quequand on assiste à un festival ou une convention – pouf pouf – on est écœuré de voir que les débats ne portent pasprincipalement sur le style ou les idées, mais des fausses histoiresd’occupation des linéaires, de …, bref, des querelles de clochers… Querellesdont les lecteurs n’ont rien à faire et qui préfèreraient que le temps que vouspassez à vous foutre sur la gueule, vous le passiez à écrire et à publier… Sice n’est pas trop vous demander… Il faut aussi que les gentils éditeurs et lesgentils auteurs français se rendent compte qu’aujourd’hui, avec l’évolution desmoyens de communication, tels qu’Internet, ce genre de comportement puéril estdésormais visible. Si auparavant, vous pouviez tranquillement jouer à savoirqui pissait le plus loin, il faut comprendre qu’aujourd’hui, le lecteur assisteau concours, et qu’en plus, il y a de fortes chances que vous lui pissiezdessus !
Personnellement, il y a uncertain nombre d’auteurs français que je ne lirais pas à cause de leurcomportement à une époque. Je fonctionne un peu à l’affectif quand il s’agit d’auteursfrançais. C’est moche mais c’est comme ça. Jouez au con et vous ne m’aurezjamais comme lecteur. Je loupe peut être des choses, mais, il y a tellementailleurs que j’estime que ce n’est pas grave.
Si vous pouviez régler une foispour toutes vos petits problèmes d’ego… Histoire que les simples lecteurspuissent de nouveau apprécier beaucoup de SF&F française… Je ne sais pas…S’il le faut, enfermez-vous tous dans une pièce avec un marteau et…Mais en tout cas, s’il vousplaît… Remettez-vous à produire en masse… Il y a toute une génération d’auteursqui est en train de passer à la trappe. Il y a toute une génération de lecteursqui est en train de manquer quelque chose. Pitié… Ressortez-nous de la SF&Ffrançaise « Roman de gare »… De la SF&F française… Plein… Plein…Si vous consacriez ne serait-ce qu’une faible partie de l’énergie que vousmettez à vous entretuer à faire votre travail, on croulerait sous les ouvragesà lire. 

Pour conclure, je diraissimplement que j’aimais la SF&F française d’une époque, époque où on latrouvait un peu partout, dans les supermarchés comme dans les gares. Et qu’aujourd’hui,j’ai du mal à trouver des nouveaux auteurs, dont les ouvrages sont rarementdisponibles dans les lieux de vente grand public… Fort heureusement, c’estsouvent de qualité.Comme quoi,  si les gros voulaient bien se bouger un peu lepostérieur, si ils avaient des couilles, peut être qu’on aurait le droit à unnouvel âge d’or… Pas la peine de chercher à tout prix à faire le même formatque les anglo-saxons… Ils ont leurs gros pavés. Les allemands ont leurs Hefts, pourquoi nous on n’aurait pas deshistoires sur plusieurs 180 pages poches pas chers ?

Pays de merde…

C’est bizarre mais ça commence à sentir bon le mélange entrela république bananière et la bonne vieille dictature fasciste dans notre bonpays.
Entre les journalistes interpellés à leur domicile à 6h00 du matin, menottésdevant leurs enfants, pour une banale histoire de diffamation, les anarchistesplanqués à la campagne considérés comme de dangereux terroristes pour masquer l’étatdéplorable du réseau ferroviaire français –Dites les poulets, vous ne pourriez pas être aussi efficaces avec lesnationalistes corses qui font sauter des infrastructures, qui mitraillent desgendarmeries et qui tuent ? Non ? –, les gamines de douze ans quise font tripotées sous les yeux de leurs petits camarades du collège sous leprétexte fallacieux d’une fouille au corps injustifiée lors de ce qui devaitêtre une réunion de prévention contre le fléau de la drogue, -M’enfin, ça va leur apprendre aux gamins,vu que dans pas longtemps, ils seront bons pour le gnouf à cet âge là – lesméchants étrangers qu’il faut expulser absolument, etc, etc, ça commence àfaire beaucoup…
Avec de plus une séparation des pouvoirs qui n’existe plus dans notre bon pays…Je rappelle quand même que l’Exécutif n’est pas censé se mêler du Judiciaire oudu Législatif… 

M’enfin… On a eu ce que l’on méritait. Une majorité à voterpour l’élection du petit Nicolas en tant que Président… Ce n’est pas non pluscomme si nous n’avions pas eu d’avertissement préalable sur sa tendance à jouerles « Jo le facho » lorsqu’il était au ministère de l’Intérieur…
Allez… Serrons des dents… Encore trois ans et demi avant qu’il ne se proclameRoi, qu’il instaure sa dynastie – la relève est déjà prête… – et le partiunique… Et on pourra renommer le ministère de l’immigration, de l’intégration,de l’identité nationale et du développement solidaire en ministère du racisme,des expulsions et du national socialisme…
Rappelez-vous, bande de veaux… Le petit brun à moustache allemand est arrivé aupouvoir suite à la crise de 1929… Le parallèle avec le petit français àtalonnettes et la crise actuelle est assez flippant…

Si ce n’était pas illégal, je suggérerais bien certainsactes citoyen pour résoudre la situation… Mais bon… Va plutôt falloir ressortirles chemises brunes…