Tueur de bébés phoques

Il y a une question que je déteste par-dessus tout. La Question Qui tue. « Mais qu’est ce que tu fais dans la vie ? ». A.k.a. « Dans quoi tu bosses ? »
La question qui me donne envie de répondre : « Mais qu’est ce que tu en as à foutre ? ».
La question à laquelle il m’arrive de répondre – quand je suis franchement de mauvaise humeur, ou au contraire de très bonne humeur – « Je massacre des bébés phoques sur la banquise ».

Je dois déjà comprendre qui m’adresse la question, afin d’adapter ma réponse au niveau de mon interlocuteur. Etant ingénieur en informatique – Ouais, ouais… Gros débile d’ingénieur informaticien –, si je réponds à un non-informaticien « Je suis architecte systèmes et réseaux, avec une spécialisation dans la virtualisation, et en même temps chef de projet technique. », je pense qu’il ne comprendra rien.

On va essayer d’humaniser la réponse. Et reprendre depuis le début parce que c’est ce que l’on a été qui détermine ce que l’on est.
Tout d’abord, j’ai un diplôme d’ingénieur, option systèmes. Ce qui veut dire que j’ai un bac +5 – obtenu en +6, et dans une pochette surprise, parce que je me suis planté d’orientation lors de ma première dernière année – délivré par une école formant des geeks professionnels et reconnue par l’Etat.
Durant ces six années, je suis censé avoir appris à programmer, à être capable de gérer un projet, une équipe, une petite boîte, et à construire des usines à gaz.
Pour valider ce diplôme, j’ai du démontrer mon incompétence pendant six mois en temps que programmeur chez un global broker. – En gros, les mecs qui passent les ordres à la Bourse pour le compte de ceux qui jouent avec l’argent de vos retraites. – A priori, comme il y avait un besoin pour une pauvre andouille dans leur succursale canadienne, ils m’ont proposé le poste. Que j’ai bien entendu accepté. – Débarquer au Canada le Samedi matin, pour commencer le Lundi, 7h00, sans connaitre le pays, sans connaître personne, en ayant eu juste deux échanges téléphoniques et quelques mails avec les futurs collègues, en obtenant le visa directement à la douane et avec juste un appart’ payé pour un mois, ça fait… bizarre… –
S’ensuivent trois ans durant lesquels je vais passer par divers postes. Programmeur tout d’abord. Puis comme… « Geek à tout faire » :
–    Support utilisateurs pour de charmants personnages – Les traders, vous connaissez ? –  répartis sur trois sites.
–    Administrateur Systèmes : serveurs, postes de travail, messagerie, etc…
–    Administrateur Réseaux, avec notamment la gestion des firewalls. – Pouf pouf… ce qui pouvait être autorisé pour l’informatique… –
–    Administrateur Télécoms – Etrali, c’est ma joie… et des semaines perdues à Toronto… –
–    Support systèmes de nouvelles et de transactions. – pour mon plus grand bonheur –
Bon, même si je râle après ce boulot, ce fut une expérience extrêmement intéressante qui me fit notamment comprendre que si je ne murmurais pas à l’oreille des programmes, j’étais néanmoins capable de parler aux systèmes. – A grands coups de pompes… –
Au bout d’un moment, lassé de bosser comme un con et de me faire un max de pognon, j’ai décidé de revenir en France et de tester les 35 heures.
J’ai donc atterri dans ce que l’on fait de pire en Informatique en France : une petite SSII. (Société de Services dans Industrie et l’Informatique.) Qui fort heureusement avait besoin d’un couillon pour une mission chez l’une des sociétés en haut du CAC40.
J’ai donc passé un peu plus de deux ans à faire, dans une ambiance agréable et quelque peu dangereuse par moment – voir sur ce même blog les petites baballes qu’on se lançait à la gueule – en faisant encore une fois tout un tas de trucs en même temps :
–    Gestion de quelques serveurs Windows. (800)
–    Gestion de la sécurité des postes de travail et des serveurs (anti-virus et patchs OS)
–    Support niveau 3. – Alors j’explique : le support niveau 0, c’est la prise d’appel, si possible sous-traitée à des pauvres hères dans un pays étranger. Ici c’était au Portugal… Le niveau 1, c’est quand le mec qui a pris l’appel essaye de vous dépatouiller votre problème. Le support niveau 2, ce sont des gens qui ont des connaissances plus avancées que le niveau 1, qui daignent quelques fois se déplacer pour résoudre votre problème. Le niveau 3, ce sont les « experts ». Qui insultent les niveaux inférieurs quand ils reçoivent le problème, le résolvent en trois clics de souris, et, si ils sont de bonne humeur, avertissent l’utilisateur que son problème qui dure depuis trois semaines est résolu. –
–    Support aux équipes projet. En gros… Ben vérifier que la doc qu’ils ont pondu est cohérente et que si on suit leurs instructions, on est capable de mettre en place et d’exploiter les applications.
–    Mise en production, mise à jour applicatives et support aux équipes projet de la direction financière. – Vous aimez la pression ? Viendez bosser chez nous… –
–    Déploiement d’une plateforme de virtualisation – C’est mon jouet ça !!! – – En gros, vous prenez des applications hébergées sur plein de petits serveurs utilisés à 10% de leur capacité, que vous mettez sur un gros, où vous faite croire aux applications qu’elles sont toujours sur un petit serveur. Et ce gros serveur, lui, sera utilisé à au moins 60% de ses capacités. –
–    Et gestion d’une équipe de bras cassés.
Là, j’ai vraiment appris à commencer gérer un projet et une équipe. Et vu comment on pouvait faire les trucs de façon extrêmement sérieuses et carrées, et surtout, comment ça simplifiait la vie après.
Pour des raisons bassement commerciales, ma future ex-SSII décide au bout d’un moment de m’envoyer sur une autre mission. Qui, si elle me permettait de continuer à jouer avec la virtualisation, ne m’intéressait pas du tout.
J’ai donc craqué, me suis barré, et après un poil de « congé sans solde », j’ai fait la connerie de signer à nouveau dans une SSII. Une plus grosse quand même.
Où je me suis retrouvé envoyé en mission dans la filiale immobilier d’une grande banque française. – Prosper youpla boum la bonne humeur en ce moment, vous vous doutez bien. –
Pour y faire… Ben encore et toujours plein de trucs divers et variés :
–    De la virtualisation. Chef de projet sur la techno, avec remise à niveau de la plateforme et documentation.
–    Remise à niveau de la plateforme antivirus et documentation.
–    Mise en place d’une infrastructure DMZ. Et documenta… Ah non… Ca je l’ai pas encore rédigée… Mais va falloir…
–    Chef de projet technique sur le projet « Usine à gaz » lancé il y a plus de deux ans par le client… sur une techno que je ne maîtrise pas (AIX) avec des interlocuteurs incompétents (la partie Services d’un grand constructeur informatique). Et ceci pour mon plus grand malheur… – HELP !!! Sortez-moi de là !!!! – En gros, je fais tout et rien sur ce projet. Je lis de la doc, je surveille des prestas qui font n’importe quoi, je mets en place des systèmes, je mets en place des procédures d’exploitation, je ponds de la doc, je gueule sur des prestas, etc etc…

Mouais…
Bon…
« Je tue des bébés phoques sur la banquise », c’est quand même plus classe et plus fun comme réponse.

Bon ben…

Ceci est un message clair et précis – je pense – adressé à notre Ministre de la Culture, à l’ensemble des députés ayant voté en faveur de l’adoption du projet de loi Hadopi, et à l’ensemble des membres de l’UMP.

 

Comment arriver directement sur le dessus de ma pile de livres à lire ?

C’est à la fois assez facile et assez compliqué :

Best dedicace ever pour le moment

Si pour le moment Jean-Claude Dunyach garde toujours le prix de la dédicace la plus originale, celle de Maïa Mazaurette pour ‘Dehors les chiens, les indifèles– à acheter chez Fantasy.fr bien entendu – est sans doute celle que j’apprécie le plus. – Y a même le petit détail qui tue tout. –

Et comme je n’ai pu la remercier en direct le jour de la dédicace – ayant fuit lachement la foule du Salon du Livre ce jour là –, je vais le faire ici, à défaut de le faire de vive voix dans le futur :

MERCI !