A mort le foot !

Non, je ne vais pas râler ici sur le fait que, dans approximativement deux mois, nous allons devoir subir encore une fois une grande compétition de ce sport de bouse.
Non, je ne vais pas dire que nos réprésentants nationaux de ce sport semblent plus doués pour traîner dans les bars à putes et à observer deux papillons avec celles-ci. – Si vous ne comprenez pas le coups des papillons, je vous conseille d’écouter le réquisitoire du procureur Pierre Desproges à l’encontre de PPDA au Tribunal des Fragants Délires. –

Non, je vais parler – râler – ici de cette odieuse candidature de la France pour l’organisation de la Coupe d’Europe de la Balle au Pied en 2016. Que dire de cette candidature pour laquelle la FFF essaye de générer un quelconque enthousiasme à grands renforts de clips publicitaires télévisuels et radiophoniques tous plus moisis les uns que les autres ?

Et bien… Que dans cette candidature, il est dit que l’Etat injecterait 1.7 milliards d’euros – du bon argent public – dans cette manifestation, notamment pour la construction et la rénovation de stades.
1.7 milliards. Yell  Dans des infrastructures qui risquent de ne pas avoir de réelles utilités. Dans un sport qui draine déjà des sommes ahurissantes… Pour un sport où les supporteurs qui s’entretuent volent plus souvent la vedette aux escrocs courants sur la pelouse. Pour un sport dont les valeurs véhiculées semblent être la violence et la haine de l’autre.
1.7milliards dans un sport qui devrait être à même de s’auto-financer quand on voit les sommes représentées par les droits télé et autres…

Mais non, c’est à l’Etat d’investir dedans. Dans l’organisation d’une compétition aux retombées bien trop souvent surestimées. Sous le prétexte que si jamais l’équipe nationale – une bande de people surpayés qui font plus parler d’eux en dehors des stades… – réussissait éventuellement à remporter la compétition, le moral national serait en hausse, et éventuelllement on aurait – sous réserve qu’il fasse beau, chaud, avec un taux d’humidité réduit, une lune en phase ascendante, Jupiter dans le dernier quadrant et la Lune dans l’orbite de Mars – un centième de point de croissance en plus…

Pire même… Il est bien possible que ces 1.7 milliards soient quand même dépensés sur ces infrastructures si notre belle république bananière ne voit pas cette compétition lui être attribuée.

Après tout, ce n’est pas comme si la dette de la France ne devenait pas de plus en plus abyssale chaque jour. Ce n’est pas comme si cet argent pouvait servir à autre chose. A l’Education… Après tout, que les mômes deviennent de plus en plus cons, ne sachent plus écrire, ce n’est pas grave. De toute façon, il n’y aura pas de travail pour eux plus tard. Ou alors des emplois peu qualifiés et peu rémunérés pour concurrencer les pays émergeants.
Après tout, ça ne peut pas servir pour les retraites…
Après tout, nous n’avons pas plus de 7 millions de pauvres en France…


Un bon footballeur est un footballeur mort. Trouvant sa place dans la même fosse commune que nos politiciens actuels…

 

Allez…
Je ressors encore une fois un superbe texte de Pierre Desproges, tiré de ses Chroniques de la Haine Ordinaire :

A Mort le Foot

Voici bientôt quatre longues semaines que les gens normaux, j’entends les gens issus de la norme, avec deux bras et deux jambes pour signifier qu’ils existent, subissent à longueur d’antenne les dégradantes contorsions manchotes des hordes encaleçonnées sudoripares qui se disputent sur gazon l’honneur minuscule d’être champions de la balle au pied.
Voilà bien la différence entre le singe et le footballeur. Le premier a trop de mains ou pas assez de pieds pour s’abaisser à jouer au football.
Le football. Quel sport est plus laid, plus balourd et moins gracieux que le football ? Quelle harmonie, quelle élégance l’esthète de base pourrait-il bien découvrir dans les trottinements patauds de vingt-deux handicapés velus qui poussent des balles comme on pousse un étron, en ahanant des râles vulgaires de boeufs éteints ?
Quel bâtard en rut de quel corniaud branlé oserait manifester publiquement sa libido en s’enlaçant frénétiquement comme ils le font par paquets de huit, à grands coups de pattes grasses et mouillées, en ululant des gutturalités simiesques à choquer un rocker d’usine ? Quelle brute glacée, quel monstre décérébré de quel ordre noir oserait rire sur des cadavres comme nous le vîmes en vérité, certain soir du Heysel où vos idoles, calamiteux goalistes extatiques, ont exulté de joie folle au milieu de quarante morts piétinés, tout ça parce que la baballe était dans les bois ?
Je vous hais, footballeurs. Vous ne m’avez fait vibrer qu’une fois : le jour où j’ai appris que vous aviez attrapé la chiasse mexicaine en suçant des frites aztèques. J’eusse aimé que les amibes vous coupassent les pattes jusqu’à la fin du tournoi. Mais Dieu n’a pas voulu. Ça ne m’a pas surpris de sa part. Il est des vôtres. Il est comme vous. Il est partout, tout le temps, quoi qu’on fasse et où qu’on se planque, on ne peut y échapper.
Quand j’étais petit garçon, je me suis cru longtemps anormal parce que je vous repoussais déjà. Je refusais systématiquement de jouer au foot, à l’école ou dans la rue. On me disait : « Ah, la fille ! » ou bien : « Tiens, il est malade », tellement l’idée d’anormalité est solidement solidaire de la non-footballité.
Je vous emmerde. Je n’ai jamais été malade. Quant à la féminité que vous subodoriez, elle est toujours en moi. Et me pousse aux temps chauds à rechercher la compagnie des femmes. Y compris celle des vôtres que je ne rechigne pas à culbuter quand vous vibrez aux stades.

Pouf, pouf.

Pierre DESPROGES

Sommaire

Ca arrive, ça arrive…
Ca va être long, chiant et intéressant à priori à partir de la seconde moitié (Les trois dernières parties).

Et le sommaire donnerait un truc comme ça :

Introduction
 – Revenons déjà sur le milieu du livre électronique en France
Qu’est ce qu’est / doit être / devrait être / sera un livre électronique ?
– Du texte, sans plus
– Du texte enrichi
– Bien plus que du texte
Les liseuses
– Liseuses « classiques »
– PC & MAC
– PDA & smartphones
– iPad
– Les consoles portables et produits y ressemblant
Protection
– DRM or not DRM ?
Nerf de la guerre : prix et droits d’auteur
– Le prix de la liseuse
– Le prix du livre électronique
– Les droits d’auteurs – avec des grosses bêtises inside –
La diffusion
– Applications
– Applications – Boutiques
– En direct de l’éditeur
– Sites généralistes ebook
– Sites généralistes
– Autoédition
– Et le libraire ?
Livre électronique, ennemi ou allié du livre papier ?
Futur (im)probable
Et le lecteur dans tout ça ?
Et les éditeurs ? Qu’est ce qu’ils en disent ?
Et les auteurs, qu’est ce qu’ils en pensent ?
 

Rule 4: Doubletap

J’emprunte ici une des règles de survie de l’excellent film « Zombieland » pour parler d’un petit bouquin sympa que je viens de lire.
Je dois avouer d’abord que je déteste les films d’horreur. De même, je ne lis pas les livres Terreur, Horreur ou apparentés. Déjà, parce que ça fait peur et que je déteste avoir peur. Ensuite, parce que bien souvent, je trouve les scénarios de base complètement stupides : « Le mec massacre tout avec une tronçonneuse parce que c’est un gros dégénéré cannibale », « les mecs massacrent tout parce que ce sont des gros dégénérés irradiés », « la petite fille tue par l’intermédiaire d’une cassette vidéo parce qu’elle a été noyée dans un puit », « les morts se lèvent et bouffent tout »…
Les seuls films de zombies qui trouvent grâce à mes yeux sont Zombieland, Shaun of the Dead et les Resident Evil. – Là, c’est du pur masochisme – En livre, il n’y en avait aucun jusqu’à maintenant.
Et puis… Et puis, au détour d’une conversation, un éditeur m’a parlé de Patient Zéro de Jonathan Maberry. J’avais vu qu’il comptait sortir ce livre, mais il était très loin de m’avoir tapé dans l’œil. Cet éditeur, capable de vendre des bibles au Diable, me fit « Il a écrit une petite préquelle. Tiens, je te l’imprime. Tu risques d’aimer. » et me colla une dizaine de feuilles dans les mains. J’ai quand même attendu le lendemain d’être au boulot pour lire cette petite introduction. – Ouais… Faut bien s’occuper… – Et j’ai aimé. – Enfoiré… –

Ce livre, vous l’aurez compris, c’est donc Patient Zéro de Jonathan Maberry. Le speech officiel de l’éditeur :
« Lundi, 13 h 00 : Joe Ledger loge deux balles de son Glock .45 dans le corps du terroriste Javad Mustapha.
Mercredi, 8 h 00 : Javad se relève d’entre les morts. Il est le « patient zéro ».
Quand il vous faut tuer deux fois le même type en une semaine, soit le monde a un gros problème, soit vous devriez changer de job. Or, lorsqu’il s’agit de tuer, Joe Ledger est très compétent.
Ex-officier et expert en arts martiaux, il est recruté pour diriger une nouvelle organisation ultrasecrète à réaction rapide. Sa mission : affronter et déjouer une menace terroriste digne d’un véritable cauchemar : une arme biologique qui rend les gens invulnérables et enragés, à l’épreuve de tout, même des balles.
»

En quatrième de couverture, il est comparé à du 24, mâtiné de je ne sais plus quoi avec des  zombies parce que je n’ai pas retenu et que je n’ai pas le bouquin sur moi.
Et c’est presque ça. Il y a effectivement un petit côté 24 dans l’enchaînement rapide de l’action et des situations. Il y a aussi un petit côté Resident Evil, avec ce virus fabriqué par l’Homme qui transforme les gens en zombies, avec cette unité spéciale qui est chargée de juguler la menace et avec… – Mais là, je ne peux rien dire sans spoiler –
Mais ce que je retiens surtout, c’est que j’y ai trouvé un petit côté Tom Clancy de la meilleure époque. – Oui, j’ai eu une grosse période Tom Clancy à une époque. – On y retrouve un peu la même structure de récit, avec les points de vue des différentes forces en présence. On y trouve la même complexité dans l’intrigue. Joe Ledger n’est pas sans rappeler John Clark. Et l’auteur a l’air d’avoir quand même fait un peu de recherches et de s’être documenté.
Il faut aussi dire qu’il y  un vrai scénario. Que l’auteur construit un vrai univers. On n’a pas du zombie parce qu’il faut du zombie. Les personnages ont des réactions humaines face à ce nouveau genre de menaces.
Bien évidement, ce livre n’est pas exempt de défauts. Genre le côté héros qui poutre tout de Joe Ledger. Genre, on flingue du zombie à la tonne à un moment donné. Genre on a un peu une fin à la jeu vidéo…

Mais bon, c’est quand même vachement bien.

Patient Zéro de Jonathan Maberry

 

 

495 pages
22 €

Disponible dans toutes les bonnes librairies et dans la boutique de Fantasy.fr.

 

Il y a dix ans…

… naissait Bragelonne.
Et à l’époque, je dois dire que  je n’y avais pas vraiment prêté attention. Voire même, je n’en avais pas entendu parler.
Puis ont commencé à apparaître les premiers ouvrages dans les rayons des librairies. On peut dire qu’ils sortaient clairement du lot à l’époque. Des Grand Format avec des belles couvertures, des vraies couvertures, ça faisait un choc. Mais, étudiant à l’époque, je n’intéressais surtout aux ouvrages accessibles à ma bourse : les poches.
Et puis, entre fin 2000 et début 2001, j’ai eu, malheureusement pour lui, un type qui écrit des livres avec des loups dedans comme prof. Dont son tome 1 sortait juste au moment où mes cours avec lui se terminaient. J’ai acheté et j’ai bien aimé. J’ai commencé à regarder plus attentivement les sorties de cette petite maison d’éditions. Notamment un auteur qui s’appelait David Gemmell. J’avoue, mon premier Gemmell, je l’ai acheté en poche en VO. Malgré la bonne presse, je ne voulais pas tenter un nouvel auteur avec un Grand Format hors de prix. – Oui, à l’époque, je trouvais ces livres hors de prix. – Et encore une fois, j’ai aimé. Et j’ai commencé à acheter du Bragelonne de temps en temps. – Les indemnités de stage, ça aidait un peu –
Et puis, fin 2001, début 2002, j’ai eu comme prof le type qui éditait le type qui écrivait des bouquins avec des loups dedans et qui traduisait aussi Gemmell. Qui, entre autres, m’a collé un 14 que je ne méritais pas vu la médiocrité de ma copie et fait découvrir Fantasy.fr – première version –. Site que j’ai commencé à fréquenter de manière un peu trop assidue. Et puis, un jour, je ne sais plus comment, je me suis retrouvé à dire que si Bragelonne éditait Le Fléau de Chalion, de Loïs McMaster Bujold, je filais mon âme au grand Névant. Et que fit ce sinistre personnage ? Et bien il répondit par un lien, vers le site de sa maison d’éditions, qui annonçait justement qu’elle comptait sortir cet ouvrage. – Les enfants, c’est pour cela qu’il est toujours important de faire des recherches avant de poser une question "bête" ou de faire cette sorte de marché stupide… –

Et puis… Et puis, j’ai fuis au Canada pour éviter de perdre mon âme… – Le pire, c’est que je n’ai jamais du lire Chalion en VF du fait que jeme suis retrouvé chez les caribous au moment de sa sortie en France. –  Vaine tentative de me soustraire à l’inévitable… D’abord, parce que j’avais désormais de l’argent pour m’acheter plein de Bragelonnes. Je me souviens encore d’un retour de vacances passées en France avec deux sachoches bourrées à craquer et le fond de mon sac de voyage constitué d’une couche épaisse de livres. Et puis c’est là aussi que j’ai commencé à fréquenter – beaucoup trop encore une fois – le Forum. Et d’y rencontrer plein de gens géniaux. Et de me retrouver à modérer leurs conneries. Et ça dure… Quasiment depuis six ans maintenant…

Et puis Milady a fait son apparition, me permettant de découvrir que je n’étais pas normal vu qu’il m’arrive d’aimer la bit-lit. – Et puis les poches, mon portefeuille aime. – 
Et puis Graphics est arrivé, avec Royo, Empowered, Welcome to the Jungle et Scott Pilgrim, me replongeant un peu dans l’univers des comics américains que j’avais laissé tombé. – Mon portefeuille vous déteste. –

Bref, que dire ?
Merci.
Merci d’exister. Merci pour tout ce que vous faites. Merci de vous en prendre plein la gueule pour essayer de développer le plus possible le milieu de l’imaginaire.

Merci !