Fatigué…

Force m’est de constater qu’en ce moment, je suis fatigué…

Le matin, impossible de m’arracher du lit. Malgré les bonnes résolutions que j’avais pris lors de mes vacances, à savoir faire un peu de sport le matin au lever avant d’aller bosser, il m’est impossible de sauter du lit dès le réveil…  Dès que le réveil sonne, je l’éteins pour bénéficier de 5 min de sommeil supplémentaires. Répéter le process pendant 30 min…

Le soir, je pique du nez vers 22h30…

Le week-end, je fais la sieste une partie de l’après-midi…

Il y a trois semaines, je sortais tout juste de trois semaines de congés… Là, il faut que je reprenne une journée de RTT sinon je pète un cable…

Ce boulot me mine… Très gros projet, important pour la boite, super intéressant au point de vue technologique, mais tellement mal géré que les trouffions de base comme moi, qui devont normalement exécuter les ordres – dans la chaîne du projet, je suis en bas – doivent aussi rattraper les conneries des chefs de projet, des chefs / directeurs de projet… Avec une superbe pression car ça doit être en prod impérativement pour le 1er Novembre. Sans possibilité de retard. Et ça fait trois mois que ce bon dieu de projet dure déjà…
Et en ce moment, je sacrifie soir et week-end à cette merde…
J’ai déjà pété les plombs une fois, je suis limite en train d’être de nouveau borderline…

 

Je suis fatigué…
J’ai pas vu de navet au ciné depuis deux mois.
Je vais buter des gens au boulot…

Je suis un gros connard…

Je profite de mes dernières heures de vacances, durant lesquels j’aurais honteusement glandé en long, en large et en travers, – les vacances, c’est fait pour ça, pas pour autre chose – pour faire ici un aveu.
Et oui, comme le titre de ce message l’indique, je suis un gros connard. Et je dirais même plus, un énorme connard. 

Professionnellement, à 100%, je suis un type avec lequel vous ne voulez pas bosser.
Pourquoi ? Parce que je n’ai qu’une diplomatie minimale, une patience limitée et un degré d’exigences bien trop élevé.

Je suis quelqu’un pour qui, quand on fait un boulot, on le fait bien, correctement, jusqu’au bout. – Ou du mieux possible, en montrant réellement qu’on essaye de faire le mieux possible. – Ou on ne le fait pas.
Au boulot, quand on met en place quelque chose, j’attends de mes collègues que ce qu’ils ont mis en place soit documenté du mieux possible, que ce soit mis en place correctement, que ceux qui ont mis en place assurent un suivi sérieux pendant la période de prise en main par le reste de l’équipe, que si il y a des actions récurentes à faire, que celles-ci soient effectuées, contrôlées et documentées.
Pour moi, le récurrent prend le pas sur les projets. Si on n’est pas capable de faire correctement le travail qui doit être effectué tous les jours, on n’aura pas le temps de faire correctement le reste.

Quand on effectue des opérations sensibles, pouvant impacter d’autres services, des services aux clients, on doit mettre en place un plan d’action, noter toutes les étapes nécessaires, vérifier avec les autres services les impacts – par exemple, dernièrement, une opération réseau aurait pu avoir un impact grave sur les plateformes de virtualisation au boulot. Mais vu qu’on a discuté de l’opération avant, on a pu éviter une catastrophe, du genre 200 VMs qui n’arrêtaient pas de s’arrêter et de redémarrer… – et voir si on n’a rien oublié. Et si possible, on teste d’abord sur une plateforme de tests…
Ca permet d’éviter d’avoir à rattraper en catastrophe un problème posé par une opération non menée jusqu’au bout… 

Je sais, c’est chiant, mais ça s’appelle faire preuve de rigueur. Et aujourd’hui, c’est un truc très recherché. Mes derniers coups de gueule au boulot m’ont montré que j’avais le support de ma direction parce que j’étais l’un des rares mecs rigoureux de la boite. Parce que je documente, j’assure le suivi de ce que je mets en place, que je m’assure que le récurent est bien traité, que je vérifie si certains dossiers sont bien traités alors que ce n’est pas mon rôle.
Parce que quand je vois un dysfonctionnement, je le signale. Et je propose des solutions pour le résoudre. 

Donc, oui, je suis un énorme connard. Quand ça merde, je le dis. Quand j’ai l’impression que le message ne passe pas, je le redis, voire je le gueule. Et quand il n’y a toujours pas d’amélioration, je tue.

Et franchement, il y a un truc usant : j’aimerais bien que de temps en temps, on repasse derrière moi et on vérifie que j’ai pas fait de conneries…

Oui, je sais, mon caractère de merde et mes coups de gueule sont nuisibles pour moi, que ce soit pour ma carrière que pour ma vie, mais je suis comme ça.