Yurk…

Il faut bien l’avouer, quand on aime la SF basique, tout conne, qui fait tout péter, avec éventuellement des bruits de bottes qui résonnent et qui se prend pas trop au sérieux, ce n’est pas en France que l’on peut trouver son bonheur.
Certes, on a bien l’Atalante qui nous fait découvrir un nouvel auteur de temps à autres (Weber il y a bien longtemps, Scalzi, Gessler, Campbell), Bragelonne / Milady les bonnes années (le premier tome de David Gunn, les vieux bouquins de Hamilton) ou les mauvaises (Les Confederation de Tania Huff – avortés au dernier moment, et en passant, si vous avez d’autres séries de SF comme ça que vous voulez sortir mais que finalement non, vous pouvez le dire, ça aide en remplir les paniers virtuels quand on achète de la VO –) et… pas grand monde d’autre…

Bref, quand vous avez fait le tour des publications des auteurs que vous suivez normalement – ou que vous attendez les tomes suivants –, que vous avez fait le tour de ce qui aurait pu sortir, même en VO, vous êtes obligés de regarder de nouveaux auteurs. Ou de voir ce qui est suggéré lorsque vous faire vos achats sur les grands sites de vente en ligne.

De temps en temps, vous tombez sur des trucs sympas, genre Buettner et sa série Orphanage, qui ne casse certes pas trois pattes à une limace – Smile – mais qui est correcte.

Ou on tombe sur des trucs style Tom Kratman. J’ai commencé il y a deux jours A Desert called Peace de cet auteur. Que dire si ce n’est que cet auteur arrive à nous reproduire, 500 ans dans le futur et sur une autre planète, une situation géopolitique quasiment identique à celle de nos jours, avec un vision plus redneck quand même, et de nous refaire un 9-11 un 7-11 avec des dirigeables.
Si le manque d’imagination pouvait être compensé par une histoire et des personages intéressants, ça pourrait passer. Mais nous avons ici affaire à une simple histoire de vengeance qui va tourner au massacre, voire au généciode, avec des personnages totalement caricaturaux, avec le beau blanc psychopathe héroïque qui nique toutes les petites latinas top-models qui vivent dans des pays latins entre deux dictateurs, les méchants mulsulmans terroristes qui tuent même les bébés et chez qui les femmes sont des esclaves, les nippons spécialistes de la techno, les russes alcooliques ex-communistes ruinés qui commencent à profiter du capitalisme, les méchants juifs qui se battent encore contre des salauds d’arabes pour un bout de territoire – quand je dis que c’est un copier-coller de la situation actuelle déformé au filtre redneck… –
On pourrait essayer de trouver, en vain, un semblant d’originalité, de finalité, de quelque chose pour faire passer tout ça à l’arrière-plan. Mais il n’y a rien. On n’en retire rien si ce n’est une envie de vomir et de balancer à la poubelle les livres de cet auteur. Car A desert called peace a actuellement trois suites. Que j’avais acheté comme j’ai l’habitude, à savoir que même si je ne connais rien de l’auteur, si jamais j’aime le tome 1, je n’ai pas à attendre pour avoir la suite. Erreur fatale.

Tom Kratman, donc, auteur que je recommende fortement pour nourrir vos poubelles jaunes – recyclage papier / carton chez moi – ou pour allumer vos cheminées pour les plus extrémistes.

Bon, comme je suis en période SF, je passe à Jody Lynn Nye, en espérant que View from the Imperium soit intéressant.