Etudiants ingénieurs : ne soyez pas des gros blaireaux

Je suis tombé – Aïe – ce matin sur un article sur le site Eco89, la branche "économie" de Rue89. L’article en question "Etudiants ingénieurs, gare à la « presta », face cachée du métier" m’a accroché avec son titre, puis franchement fait rigoler – je suis poli là – à sa lecture.

Nous avons ici un jeune ingénieur qui décrit les affres de la prestation. Personnellement, étant prestataire depuis mon retour de chez les caribous, j’ai un peu d’expérience sur le sujet. Et ma haine ordinaire des boîtes de prestas. Mais cet article est tellement mal fait que je me dois d’en faire un commentaire long et méchant.

Premier paragraphe :
"J’ai passé trois ans en école d’ingénieur sans trop me préoccuper de « l’après » : comme de nombreux élèves, je pensais bénéficier d’un avenir facile rien que par l’obtention d’un diplôme. En sortant, au début de l’été 2008, la crise m’a frappé de plein fouet. Après neuf moisde recherche, je me suis résigné à un poste en « boîte de presta »."
Premier commentaire : espèce de gros débile. – Je n’ai pas d’autre mot à la bouche. – Cela fait des années que rien n’est garanti par l’obtention du diplôme. Déjà, en 2002, quand j’ai eu le mien, rien n’était sûr. A mon retour du Canada, en 2005, le marché n’était pas favorable. Donc, ton avenir, tu aurais franchement dû t’en préoccuper avant.
Ensuite, tu sors sans doute diplômé d’une école assez bas de gamme. Aujourd’hui, dans les bonnes écoles, on demande aux futurs diplômés de faire des stages de fin d’études pour valider leurs acquis. Et aussi pour qu’ils puissent avoir déjà des contacts en entreprises pour avoir des places en fin de stage si ils ont montrés leurs aptitudes. Je dirais que c’est ainsi que 80% de mes camarades ingénieurs ont eu leur premier boulot. C’est comme ça que j’ai pu aller taquiner du grizzli…

Deuxième paragraphe :
"Avec la crise, de nombreuses entreprises ont limité ou gelé les embauches. Les projets en cours doivent cependant être menés à bien, et lorsque la charge de travail se fait trop importante, les entreprises font appel à des sous-traitants : les sociétés d’ingénierie « prestataires de service », ou « boîtes de presta »."
Nein, nein, nein und nein ! – Amateurs des parodies de La Chute, vous savez quel petit personnage moustachu prononce ces mots et sur quel ton. – Totale méconnaissance du sujet. – Bravo, là, pour le coup, tu es le parfait exemple du mauvais consultant – La crise n’est en rien le facteur déclenchant le recours à la prestation dans les entreprises. Les arguments existent depuis des années, toujours les mêmes, jamais bons… Flexibilité, experts sur des sujets, colonne différente dans un budget, économies, … Et la crise n’a pas eu des effets bénéfiques sur le monde de la prestation. Les budgets affectés aux projets ont été diminués, les prix des prestas baissés, des projets ont été mis au placard, les sociétés de prestas ont, elles aussi, gelé les embauches.

On a ensuite une description brève de trois catégories de personnel travaillant dans une société de services :
"Des consultants : des ingénieurs frais émoulus effectuant des missions de quelques mois, la plupart du temps chez et sous les ordres du client. Lorsqu’une mission s’achève et en attendant la suivante, ils se retrouvent en « intercontrat », période pendant laquelle ils végètent au siège social de la « boîte de presta »."
Des consultants… Je sais pas pourquoi, mais j’ai toujours trouvé que ça sonnait un peu comme cons insultants. – Faites pas chier, en théorie, d’après la définition du mickey, j’en suis un… – Déjà, un consultant n’est pas obligatoirement un ingénieur. Des mecs très bien et très compétents avec des licences, des BTS, etc.. peuvent être "consultants".
Normalement en plus, le terme générique le plus employé est "prestataire". Ou, en interne : bout de viande.
Les miisions peuvent durer plusieurs années.
Entre deux missions, si effectivement tu ne tombes pas sur des gens compétent, tu auras effectivement de l’intercontrat. Et là, ça dépend totalement des sociétés. Tu peux très bien effectivement te retrouver à traîner comme une âme en peine au siège social – ou autre lieu glauque –, mais tu peux aussi faire ton intercontrat chez toi. Tu oublies aussi de dire que, dans les sociétés les moins intéressantes, l’intercontrat peut se transformer en congés forcés.

"Des commerciaux : ils cherchent des missions pour les consultants, et ils écument les « cévéthèques » en ligne (Apec, Monster…) pour faire passer des entretiens en masse à de jeunes diplômés, l’unique but étant de faire grossir leurs bases de données. Lorsqu’une affaire juteuse avec un client se présente, ils traquent les jeunes qu’ils ont pu ainsi « profiler » pour les recruter."
Les commerciaux…Yurk… En société de service, ce sont bien souvent effectivement des êtres nuisibles. Une recherche de mission sommaire qui se limite souvent à essayer de te proposer sur une mission qui ne correspond que de loin à ce que tu sais faire, en te préparant plus ou moins sommairement aux entretiens avec le client – quand il y a préparation – et, en cas d’échec, te fait porterla responsabilité de cet échec.
Dans certaines sociétés, les commerciaux font aussi de la prospection pour dénicher de nouveaux "collaborateurs".Mais plus souvent, ce rôle est celui des DRH. – Direction des Ressources Humaines, mais totalement inhumaines – Qui gardent ton CV en base pendant des années – alors qu’apparement, au bout de deux ans, ce CV doit être effacé. – et qui ne te répondent jamais si tu foires un entretien d’embauche chez eux.
A noter que le commercial gérera souvent ta carrière. C’est à dire : ne rien faire si ce n’est essayer de faire la plus grosse marge possible sur ton dos. – Tu peux te toucher pour les formations, les évolutions de carrières et autres. – 

"Des directeurs : ils s’occupent de l’équilibre financier de la boîte et des sibyllines négociations salariales destinées à tromper les jeunes diplômés, par des calculs volontairement complexes, jonglant avec brut, net, frais, primes, cotisations, imposition et fausses promesses."
C’est vrai que les méthodes de calcul du salaire sont assez exotiques dans bien des cas. Et que vous ne toucherez jamais le montant annuel net qui est généralement promis.

"Je me suis donc retrouvé prestataire, en mission loin de chez moi, avec un double loyer à payer et une vie de couple amputée, et sans visibilitéà court terme. J’étais payé 80 euros net par jour, les trois quarts de ce que j’aurais reçu si j’avais été embauché directement chez le client.Mais ma boîte m’avait « vendu » au client 400 euros par jour."
Là, effectivement, pas glop. Pour la mission loin de chez toi et pour la vie de couple. La visibilité à court terme ? Ben tu es justement censée l’avoir. Une mission de quelques mois. Ce sont les visions à moyen et long termes que tu n’as pas…
Enfin vendu 400€, c’est encore raisonnable. – Je ne dis pas que c’est normal – Le mieux que j’ai vu dans mon cas, pour le moment, c’est quand une boîte a vendu deux heures de mon temps de travail 850€. Et que j’ai touché 10€. – Je me suis barré, hein, faut pas déconner… – Alors qu’en plus, dans le contrat qui liait ma société de service à mon client, ce travail n’aurait pas du être facturé…

"Les contrats passés avec ces sociétés sont des CDI, mais leur fonctionnement général demeure semblable à celui d’une boîte d’intérim."
So true…

L’ingénieur « presta » est : 
"faiblement rémunéré : une partie de ce salaire est d’ailleurs payée sous forme de remboursement de frais, ce qui diminue d’autant les cotisations sociales du consultant et les charges de la « boîte de presta » ;"
Non. Pas faiblement… Quand on voit que 12 à 15% de la population vivent avec moins de 900€ par mois et que cela signifie qu’ils vivent sous le seuil de la pauvreté, alors, non, on ne peut pas dire que les prestaires sont faiblement rémunérés. Mal rémunérés en fonction de leur charge de travail, ok. Mais pas faiblement. – Et c’est une sorte de cercle vicieux. C’ets mal payé donc ça fout rien. Et parce que ça fout rien, c’est mal payé. – 

"précaire : son contrat est assorti d’une période d’essai de quatre mois renouvelable, et systématiquement renouvelée, permettant à la « boîte de presta » de se séparer facilement des prestasdont la première mission n’excède pas huit mois ;" 
Ce n’est pas trop de la précarité. Car tu as des droits durant ces périodes d’essai. – Et moi, je n’ai jamais été renouvellé pour le moment. Ca dépend de la boîte, des compétences et du travail effectué. Et qu’on ne me dise pas que c’est à cause de mon charisme foudroyant – Mettez les doigts dans cette prise –, de ma diplomacie – J’ai pas le droit de traiter le directeur d’incompétent ? – et de mon élocution prodigieuse…
Et perso, je me sens moins précaire aujourd’hui que pendant les trois ans passés au Canada où, là, je n’avais juste qu’une Two weeks notice en cas de licenciement, et sans les procédures et les contraintes françaises.

"considéré comme un « étranger » chez le client, où il ne peut accéder à aucune responsabilité ;"
Ca dépend totalement – pouf pouf private joke pour moi – du client.

"soumis à une clause de non-concurrence : si le client souhaite embaucher le consultant, la « boîte de presta » peut l’en empêcher ;"
Les clauses de non-concurrence sont très faciles à casser, l’arrangement à l’amiable est toujours possible, suffit de ne pas tomber sur des cons.

"soumis à une clause de mobilité : les « boîte de presta » imposent une clause de mobilité sur toute la France, et lorsqu’elles désirent « alléger leurs charges fixes », elles proposent aux « prestas » des missions éloignées, le refus d’une telle mission entraînant un licenciement sans indemnités ;"
La fameuse clause de mobilité… – Je ne sais même pas si il y en a une sur mon dernier contrat, tiens… – L’allégement des charges me paraît un arguement bien faible pour justifier de la proposition de ce type de missions. Personnellement, j’ai déjà refusé des missions pour le motif qu’elles étaient trop éloignées. Ca ne m’a pas posé de difficultés. Et pourtant, j’ai bossé pour des bouchers…

"privé de soutien syndical,par l’absence de contacts entre des prestataires se trouvant tous chez des clients différents : en période de vaches maigres, cela permet de pousser à la démission certains consultants par le bluff, l’intimidation ou la menace, sans être inquiété."
Alors, là, c’est totalement faux. Les syndicats sont bien présents en société de service, et il suffit de se renseigner un peu pour savoir quels sont les représentants. Les sociétés de service sont tenus aux mêmes lois que les autres sociétés sur ce point. – Et sur les autres, hein… –
Le syndicat, et y faire appel, n’est juste pas dans la culture du prestataire / consultant / cadre.

On a le droit ensuite à quelques avantages, selon les dires des commerciaux indique le rédacteur de l’article, des sociétés de prestas. Sans doute pour faire comprendre aux jeunes élèves ingénieurs crédules et innoncents les pièges que leur tendent ces immondes individus… – Un bon commercial est un commercial mort. Car un bon commercial est un individu qui ne se préoccupe que de sa marge. Un commercial qui est utile et avec qui un prestataire apprécie de travailler est un muavais commercial puisqu’il se préoccupequand même du facteur humain. –

"expérience variée, par des missions nombreuses et pluridisciplinaires permettant de diversifier ses connaissances ;"
Ca dépend… Personnellement, mon expérience variée, je l’ai acquise surtout grâce à ma curiosité, ma soif de nouvelles technologies et mon ouverture d’esprit. Pas grâce aux missions que l’on m’a trouvé. Si je m’en étais tenu à l’intitulé exacte de mes missions, je n’aurais pas acquis des connaissances diverses.

"une montée rapide en compétence par un choix de mission en adéquation avec le profil et les envies ; "
Déjà, les missions sont souvent à lalimite de l’adéquation avec le profil du consultant. Ensuite, les missions ne correspondent pas toujours aux envies du consultant. Et enfin, la montée rapide de compétence… Epée à double tranchant. Premier tranchant : vous êtes obligé de monter rapidement en compétence sur des technologies que vous ne maîtrisez pas à cause de l’inéquation de votre profil par rapport à la mission. Ensuite, ce n’est pas votre société de services qui se défoncera pour quevous montiez en compétence. Elle ne le fera que contrainte et forcée. Pour répondre à une exigence du client ou parce que vous l’aurez harcelée pendant des mois et qu’elle y voit l’occassion de vous facturer plus cher. Ou de vous mettre ailleurs que sur la mission où vous êtes efficace et bien intégré, et où il ne vous manque qu’une petite formation pour être au top.

"une entreprise à taille humaine, où chacun est considéré comme un collaborateur, et non comme un simple numéro ; "
Hahahahaha… Si on vous dit ça, fuyez. Loin.
Pour savoir si vous allez être un simple bout de viande ou pas, il faudra observer le non-dit. L’attitude de vos recruteurs, de ceux qui vous font signer votre contrat.

"un salaire initial faible mais la promesse d’une forte marge de progression après quelques années de puissante montée en compétences, et de changement régulier de « boîte »."
Changer régulièrement de société n’est pas intéressant. Mais effectivement nécessaire pour avoir une augmentation raisonnable. La montée en compétence n’apportera rien si vous restez en interne. Franchement, il faut partir sur une base de salaire forte, pas faible. Parce que les augmentations, en société de service, il ne connaisse pas trop.

Aujourd’hui, j’ai 25 ans, et je suis toujours ingénieur junior dans une « boîte de presta » comme il y en a des milliers. Il serait injuste de faire porter l’entière responsabilité de la situation aux « boîtes de presta » : c’est avant tout la naïveté des jeunes ingénieurs maternés enécole qui permet de maintenir à flot cette dynamique d’écornifleur. 
En même temps, à 25 ans, tu vas pas être chef de projet sur un truc à plusieurs millions d’euros. Et il ne faut pas mettre ta naïveté sur le compte de ton école d’ingénieur. Dans la mienne, on avait un stage par an. On a été conforté au monde du travail dès le début.
Si tu ne passes pas tes années d’études vautré dans les teufs, l’alcool, les drogues et le stupre, si tu t’intéresses un peu au monde, si tu utilises tes deux neurones, tu ne te retrouves pas dans ce genre de situation.

Ces étudiants devraient s’informer sur les pratiques en cours et assurerleurs arrières face à des commerciaux et directeurs de « boîtes de presta » rompus à toutes les fourberies salariales et morales.
Ces étudiants doivent surtout se faire à l’idée que la boîte à papa, dans laquelle on restera toute sa vie, c’est terminé. Que dans certaines professions, les postes "en fixe" sont de plus en plus rares. Que de plus en plus, on fait appel à la sous-traitance et à la prestation.
Et qu’on va pas tout leur pré-mâcher dans la vie.

Et surtout, surtout, que ce ne sont pas des chiens. Que si un commercial ou un directeur vous emmerde, et bien il faut lui rentrer dans le lard. Il n’y a pas de raison pour que vous vous laissiez faire. "Ouais mais il risque de me virer et puis y a du chômage…"
Oui, y a du chômage, oui il risque de vous virer. Mais c’est aussi une grande partie de bluff. Vous n’êtes pas des moutons. Si un commercial vous traite comme une merde, rendez-lui la pareille.

6 réflexions au sujet de « Etudiants ingénieurs : ne soyez pas des gros blaireaux »

  1. La France est encore relativement protégée mais plus pour très longtemps:

    la prochaine étape est la prestation depuis un pays étranger, l’Inde pour les pays anglophones et la Roumanie pour les pays francophones.

    Les clones du héros de l’article auront encore plus de raisons de se plaindre s’ils ont la même naïveté.

  2. Je te « rassure ». Nous ne sommes plus protéger.
    CAP GEMINI -> tous les développements en Inde.
    Ex-client numéro 1 -> supervision en Inde.
    Ex-client numéro 3 -> Développement du CRM en Inde.
    Client actuel -> 50% du boulot fait en Ukraine.

    • C’est vrai; j’ai travaillé à une époque à Cap Sesa; plus tard, j’ai travaillé à Imaje, et la société faisait aussi du sous-traitement en Inde; une fois les techniciens de l’Inde m’ont appelé pour me demander des conseils et de l’aide; personnellement, j’étais à l’abri, car je faisais un travail pointu demandant une compétence dépassant celle des techniciens de l’Inde.

  3. Tiens ça m’a bien fait rire ton article…Je suis sorti de mon école il y a un peu plus d’un an et demi. Un peu avant la fin, j’avais eu un entretien dans une boite de presta et effectivement, dans le discours du DRH on retrouvait tous les clichés auquel tu fais référence.

    Mais putain, quand t’es tout frais, qu’est-ce que tu y crois (au moins sur la durée de l’entretien) à ce qu’il te dit!! Mais bon, justement c’est grâce à mes stages que j’ai trouvé mon taf et sûrement pas grâce à eux…ça me fait sourire, cette semaine j’ai reçu un mail de leur chasseuse de tête (deux ans après l’entretien) pour savoir si j’étais toujours en recherche… etc… Ils ne doutent de rien quand même!

  4. Hey,

    je me retrouve tout à fait dans ton article.
    Je suis en train de sortir de l’une des grooooosses boites de presta parce que j’ai trouvé le Graal: un CDI en interne dans une boite humaine.
    J’ai foi en l’être humain, du coup je me suis laissé baladé pendant près de 2 ans en me disant: « bon, ils ont encore pas tenu ce qu’ils m’avaient promis (au téléphone, bien sûr), mais le prochain coup, ils pourront pas passer à côté, ce serait trop dégueulasse »…….pffff.
    Si je devais donner quelques conseils, ce serait:
    – tout ce qui n’est pas écrit noir sur blanc (un mail ça marche aussi, bien souvent), ça n’existe pas, ça ne se fera pas, n’y compte même pas;
    – ils ont besoin de toi autant sinon plus que toi d’eux, bien qu’ils te disent que tu es pas truc facile à placer chez un client:
    Le mieux, c’est de négocier quand tu sens que le client est très intéressé pour te prendre en mission, après l’entretien avec lui (ça dépend du client, mais il est peu probable qu’il cache son enthousiasme pour toi avec autant de talent que ton boucher cache sa marge), et avant la signature du contrat de travail avec ta « essessedeuzhi ».
    – une fois en mission, demander des choses…pfff. Négocier…mmouais. Imposer, ça peut marcher. Pour peu que tu aies un parcours intéressante aux yeux du client, un petit plus (tu sais parler directement allemand/italien/chinois avec les clients du client) ou qu’il n’y ait pas beaucoup de gens ayant ta formation dans la région où tu bosses, tu ES en position de négocier. Si tu dois en arriver à prononcer le mot « démission », le boucher va en laisser tomber son hachoir quand tu l’auras au téléphone, mais va bien sûr te dire que « tu comprends, c’est la crise, j’ai 23457 personnes en intercontrat à payer pour rien en ce moment… » BLUUUUUUUFF ! Si tu te casses, il va devoir :
    – bosser (bon OK, elle est gratuite, celle-là)
    – trouver quelqu’un qui a le même petit plus (ou un autre, mais avec un profil qu’il pourra replacer chez ton client)
    – se dépêcher, se placer sinon il va se faire piquer la mission par un concurrent (c’est du vécu) et s’assoir sur ses 7000 à 12000€ mensuels
    – te payer les congés qu’il envisageait de te forcer à prendre en Aout bien que tu n’aies pas envie.
    Et tu crois encore que c’est à toi de lui offrir des choco à Noel parce qu’il te donne du taff ?

    Après, c’est assez caricatural (quoique bien souvent vrai de vrai) et si la boite te laisse réellement démissionner, mieux vaut avoir des pistes, voir entamer des discussions avec d’autres boites avant. Moi, de dire « démission », ça a mis fin à un an d’emberlificotage et de vaines promesses et j’ai fait un peu d’inter-contrat finalement (le but pour moi était de mettre fin à la mission que j’avais). Mais ça peut être un avantage: en intercontrat, tu peux être dispo en une semaine pour entrer dans une boite (une vraie, pas une charcuterie). En mission, tes 3 mois de préavis (si ingénieur) tu ne vas pas les faire fondre plus vite qu’un glaçon dans un freezer.

    • Moi j’ai commencé dans une boite de « presta » (société de services de conseil en informatique), dans laquelle je suis resté 12 ans, mais, en 1989, il a commencé d’y avoir la crise, et la société n’arrivait plus à me trouver de nouveau contrat; elle m’a conseillé de chercher un emploi ailleurs; j’ai alors envoyé plein de CV, et cela été plutôt déprimant, car je recevais au mieux des réponses négatives, et souvent pas de réponse du tout; et puis je suis tombé sur le bon filon, une société (filiale d’Imaje) qui avait besoin de quelqu’un pour faire marcher un système d’adressage automtique des abonnés au journal Le Monde, qui était pionnier en la matière; plus tard, nous avons développé ce système dans pratiquement tous les grands journaux français; j’ai aussi installé des robots dans des lignes de production; j’ai même fait des machines pour la vilette, la cité des enfants, notamment une machine à faire des badges que les enfants pouvaient rapporter chez eux (Fabrique ton badge), qui a eu beaucoup de succès.
      J’ai donc changé non parce que j’en avais envie, mais contraint et forcé; j’ai changé à temps, car, trois ans plus tard, la société à fait un licenciement économique de plus des deux tiers des employés.
      La société m’a permis de faire ma recherche alors que j’étais encore employé, ce qui fait que je n’ai pas connu un seul mois de chômage.

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