Tapons sur de la Fantasy française

Profitons un peu des vacances pour « critiquer » un peu les deux livres de Fantasy écrits par  des auteurs français que j’ai lu pour le moment cette année.
Je lis de moins en moins en VF, surtout en Fantasy, et ces deux auteurs me rappellent pourquoi.

Le premier de ces livres est Le Chevalier de Pierre Pevel, sorti fin Mai aux éditions Bragelonne, premier tome d’une série appelée Haut Royaume. Ayant apprécié deux trilogies précédentes de l’auteur, Wieldstadt et Les Lames du Cardinal, même si pour moi ces deux séries manquent d’une réelle fin, je pensais pouvoir prétendre à apprécier ce nouvel ouvrage. Et ce malgré le marketing déplorable de plus en plus habituel chez Bragelonne, et le passage en Grand Format Hardcover de ce qui devait être au départ une série au format feuilleton.
Que dire si ce n’est que ce livre a été une grosse déception. D’abord, parce qu’il est d’un classicisme écœurant. Ce type de Fantasy, ce type d’histoire, c’est vu et revu depuis des années. Les anglo-saxons en ont sorti des tonnes et des tonnes… Les personnages sont peu intéressants. Le héros, avec un côté sombre ridicule, est sans âme, mal développé, et la révélation d’un « secret » à son propos à la fin ne fait même pas hausser un sourcil. Ceci s’explique sans doute par le sort subit par le héros à la fin. Et ce problème de développement du personnage lié à son destin, je l’ai déjà vu dans le premier tome de Farlander de Col Buchanan. Les personnages secondaires sont facilement oubliés et oubliables, et certains qui auraient pu être utilisés pour donner de la profondeur à l’intrigue et à l’histoire ne servent qu’une ou deux fois et finissent à la poubelle.
L’Univers du roman est mal fagoté. C’est un gros problème pour moi. L’Univers joue une grosse part, et là,  tout n’est que vaguement esquissé, rien ne vient vous titiller, rien ne vient vous faire dire « tiens, ça c’est intéressant, ça mériterait d’être approfondi ». Rien ne vient apporter un vrai fond, donner du corps à cette histoire. C’est dans les petits détails que l’on fait les grands romans. C’est ce qui fait la différence entre un univers vide et qui ne sert que pour les scènes où apparaissent les personnages et un univers qui vit, où l’on peut imaginer qu’il se passe des choses en dehors de l’histoire.
J’avoue mettre fait chier pendant une bonne partie du roman, notamment pendant une traque interminable dans des montages. J’ai à peine pouffé une fois devant les actions d’un des personnages.
Bref, pour moi, c’est un ouvrage raté, au mieux médiocre, survendu par un éditeur qui se repose sur les lauriers des prix précédents gagnés par l’auteur.
J’ai acheté le tome 1, je n’achèterais pas les suivants, c’est clair.

Le deuxième, c’est Mordred de Justine Niogret, sorti au mois d’Aout aux éditions Mnémos. Le problème est ici tout autre.
L’ouvrage est ici à la fois trop court et trop long. Trop court car l’histoire est trop succincte dans son traitement pour remplir un roman classique. Bien trop de choses ne sont qu’esquissées. Au mieux, une novella suffirait. Trop long, car si la langue est belle, elle est fortement alourdie par de trop nombreuses métaphores. La lecture en devient un vrai clavaire.
Ici encore, je pense que l’éditeur est une part du problème et n’a pas su, ou n’a pas voulu, contenir et diriger l’auteur, se reposant encore une fois sur les prix précédemment décernés.

Paradoxalement, je trouve bien plus de matière dans le court roman de Justine Niogret que dans celui de Pierre Pevel. Parce que l’on voit qu’il y a de la vie en dehors de l’histoire.
Si je devais recommander l’achat d’une des deux, ce serait Mordred, mais attention, uniquement si vous n’avez pas mieux à faire.

Et ne me dites pas que je n’aime pas la Fantasy. Je sors tout juste d’une série de huit livres de Fantasy, que j’ai dévoré juste parce que l’auteur sait monter un univers vivant et intéressant et sait faire des personnages.

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